On peut estimer à 7 400 000 le nombre de personnes déportées à travers le Sahara entre le VIIe et le début du XXe siècle. A quoi il faut ajouter 1 565 000 captifs décédés au cours du voyage et 372 000 autres demeurés en bordure du désert ou dans les oasis.
On arrive ainsi, pour le Sahara, à un chiffre de 9 337 000 esclaves. Dans les régions proches de la mer Rouge et de l'océan Indien, 8 millions de personnes environ auraient été transférées. Soit un total de plus de 17 millions d'esclaves.
Outre l'ampleur de ce commerce, sa longévité (treize siècles, sans interruption) est exceptionnelle.
C'est au XIXe siècle que les traites orientales atteignirent leur maximum d'intensité, à l'époque où de nombreuses guerres saintes (jihads), pourvoyeuses en captifs, secouaient l'Afrique occidentale et où l'essor du système de la plantation à Zanzibar (alors premier producteur mondial de clous de girofle) suscita d'importants flux négriers.
Mais on peut parler de traite dès le VIIe siècle, lorsque se constitua un vaste empire musulman. L'esclavage était alors une institution bien établie dans l'empire, dont l'extension accrut les besoins en main-d'œuvre.
La loi musulmane interdisant d'assujettir les musulmans, il fallut faire venir les captifs d'autres régions, situées au sud du Sahara. "
OlivierPétré-Grenopuilleau . L'histoire - octobre 2003
42 millions de personnes déportées par l'ensemble des traites
"La traite négrière est inévitablement associée au grand trafic transatlantique organisé à partir de l'Europe et des Amériques, qui a conduit à la déportation d'environ 11 millions d'Africains en Amérique (cf. Philippe Haudrère).
C'est oublier, d'abord, les traites internes, destinées à satisfaire les besoins en main-d'œuvre de l'Afrique noire précoloniale. Elles auraient pourtant concerné, si l'on applique les méthodes de Patrick Manning, au moins 14 millions de personnes. C'est oublier ensuite les traites « orientales », qui alimentèrent en esclaves* noirs le monde musulman et les régions en relation avec ses circuits commerciaux.
Ces traites sont mal connues. Leurs évaluations chiffrées font l'objet de nombreuses erreurs. C'est l'historien américain Ralph Austen, le meilleur spécialiste de la question, qui nous fournit les données les plus solides sur le sujet. Selon lui, 17 millions de personnes auraient été déportées par les négriers* musulmans entre 650 et 1920.
Au total, à elles seules, les traites orientales seraient donc à l'origine d'un peu plus de 40 % des 42 millions de personnes déportées par l'ensemble des traites négrières. Elles constitueraient ainsi le plus grand commerce négrier de l'histoire..."
Olivier Pétré-Grenouilleau _ l’histoire . octobre 2003
"Même habitué au spectacle des crimes qui jalonnent l’histoire de l’humanité, l’historien ne peut s’empêcher d’éprouver un mélange d’effroi, d’indignation et de dégoût à remuer les matériaux relatifs à l’esclavage des Africains. Comment cela a-t-il été possible ? Et si longtemps, et à une telle échelle ? Nulle part ailleurs dans le monde ne se rencontre en effet une tragédie d’une telle ampleur.
C’est par toutes les issues possibles - à travers le Sahara, par la mer Rouge, par l’océan Indien, à travers l’Atlantique - que le continent noir a été saigné de son capital humain. Dix siècles au moins (du IXe au XIXe) de mise en servitude au profit des pays musulmans. Plus de quatre siècles (de la fin du XVe au XIXe) de commerce régulier pour construire les Amériques et pour la prospérité des Etats chrétiens d’Europe. Ajoutez à cela des chiffres, même très controversés, qui donnent le vertige. Quatre millions d’esclaves exportés par la mer Rouge, quatre millions encore par les ports swahilis de l’océan Indien, neuf millions peut-être par les caravanes transsahariennes, onze à vingt millions, selon les auteurs, à travers l’océan Atlantique.
Ce n’est pas un hasard si, parmi tous ces trafics, c’est « la traite » dans l’absolu, c’est-à-dire la traite européenne et transatlantique, qui retient le plus l’attention et suscite le plus de débats. Elle n’est pas seulement, jusqu’à ce jour, la moins mal documentée. Elle est aussi celle qui s’est attachée de manière exclusive à l’asservissement des seuls Africains, tandis que les pays musulmans ont asservi indifféremment des Blancs et des Noirs. Elle est enfin celle qui, de toute évidence, peut le mieux rendre compte de la situation actuelle de l’Afrique, dans la mesure où en sont issus la fragilisation durable du continent, sa colonisation par l’impérialisme européen du XIXe siècle, le racisme et le mépris dont les Africains sont encore accablés.
Car, au-delà des querelles récurrentes qui divisent les spécialistes, les questions fondamentales que soulève l’esclavage des Africains n’ont guère varié depuis que, à partir du XVIIIe siècle, le débat a été porté sur la place publique tant par les idées des abolitionnistes dans les Etats esclavagistes du Nord que par les revendications des penseurs noirs et par la lutte continue des esclaves eux-mêmes. Pourquoi les Africains plutôt que les autres ? A qui, précisément, imputer la responsabilité de la traite ? Aux seuls Européens ou aux Africains eux-mêmes ? L’Afrique a-t-elle vraiment souffert de la traite ou celle-ci n’a-t-elle été qu’un phénomène marginal, qui n’aurait affecté que quelques sociétés côtières ?
Le commerce ou la mort
IL faut peut- être revenir aux commencements car ils éclairent les mécanismes durables par lesquels le continent a été jeté, puis maintenu dans ce cycle infernal. Il n’est pas sûr que, à l’origine, la traite européenne soit dérivée de la traite arabe. Celle-ci apparut longtemps comme le complément d’un commerce autrement plus fructueux, celui de l’or du Soudan et des produits précieux, rares ou curieux, alors que, malgré quelques exportations de marchandises (or, ivoire, bois...), ce fut le commerce des hommes qui mobilisa toute l’énergie des Européens sur les côtes d’Afrique. En outre, la traite arabe était orientée principalement vers la satisfaction des besoins domestiques ; au contraire, à la suite du succès des plantations esclavagistes créées dans les îles situées au large du continent (Sao Tomé, Principe, îles du Cap-Vert), les Africains exportés vers le Nouveau Monde fournirent la force de travail des plantations coloniales, plus rarement celle des mines, dont les produits - or, argent et, surtout, sucre, cacao, coton, tabac, café - alimentèrent très largement le négoce international.
Tenté en Irak, l’esclavage productif des Africains fut un désastre et provoqua de gigantesques révoltes, dont la plus importante dura plusieurs années (de 869 à 883) et sonna le glas de l’exploitation massive de la main-d’oeuvre noire dans le monde arabe. Il faudra attendre le XIXe siècle pour voir réapparaître, en pays musulman, l’esclavage productif dans les plantations de Zanzibar dont les produits (clous de girofle, noix de coco) allaient d’ailleurs, en partie, vers les marchés occidentaux. Les deux systèmes esclavagistes ont néanmoins en commun la même justification de l’injustifiable : le racisme, plus ou moins explicite, et puisant pareillement dans le registre religieux. Dans les deux cas, on trouve en effet la même interprétation fallacieuse de la Genèse selon laquelle les Noirs d’Afrique, étant prétendûment les descendants de Cham, seraient maudits et condamnés à être des esclaves.
Ce ne fut pas sans peine que les Européens mirent en place le commerce du « bois d’ébène ». Au début, il ne s’agissait guère que de rapt : les fortes images de Racines, d’Alex Hailey, sont confirmées par la Chronique de Guinée écrite au milieu du XVe siècle par le Portugais Gomes Eanes de Zurara. Mais l’exploitation des mines et des plantations exigeait sans cesse plus de bras : il fallut organiser un véritable système pour leur assurer un approvisionnement régulier. Les Espagnols instituent dès le début du XVIe siècle les « licences » (à partir de 1513) et les asientos (« contrats », à partir de 1528), qui transfèrent à des particuliers le monopole d’Etat d’importation des Noirs.
Les grandes compagnies de traite se constitueront dans la seconde moitié du XVIIe siècle parallèlement à la redistribution entre les nations européennes des Amériques et du monde, que le traité de Tordesillas (1494) et plusieurs textes pontificaux avaient réservés aux seuls Espagnols et Portugais. Français, Britanniques et Hollandais, Portugais et Espagnols, mais aussi Danois, Suédois, Brandebourgeois... : c’est toute l’Europe qui participe par la suite à la curée, en multipliant les compagnies à monopole et les forts, comptoirs et colonies qui s’égrènent du Sénégal jusqu’au Mozambique. Seuls manquent à l’appel la lointaine Russie et les pays balkaniques, qui reçoivent néanmoins leurs petits contingents d’esclaves par l’intermédiaire de l’empire ottoman.
Sur place, en Afrique, les razzias et rapts organisés par les Européens cèdent vite le pas à un commerce régulier. C’est à leur corps défendant que les sociétés africaines entrent dans le système négrier, quitte, une fois dedans, à chercher à en tirer le maximum d’avantages. Voyez, entre autres exemples, les protestations du roi de Kongo Nzinga Mvemba : « converti » au christianisme dès 1491, celui-ci considère le souverain du Portugal comme son « frère » et, après sa prise de pouvoir en 1506, il ne comprend pas que les Portugais, sujets de son « frère », se permettent de razzier ses possessions et d’emmener les gens de Kongo en esclavage. Ce sera en vain : cet adversaire de la traite se laissera peu à peu convaincre de l’utilité et de la nécessité de ce commerce. En effet, parmi les marchandises proposées en échange des hommes, les fusils occupent une place de choix. Et seuls les Etats équipés de ces fusils, c’est-à-dire participant à la traite, peuvent à la fois s’opposer aux attaques éventuelles de leurs voisins et développer des politiques expansionnistes.
Les Etats africains se sont donc, si l’on peut dire, laissé piéger par les négriers européens. Le commerce ou la mort : au coeur de tous les Etats côtiers ou proches des zones de traite se trouve la contradiction entre la raison d’Etat, qui commande de ne négliger aucune des ressources nécessaires à la sécurité et à la richesse, et les chartes fondatrices des royautés qui imposent aux souverains de préserver la vie, la prospérité et les droits de leurs sujets. D’où la volonté, de la part des Etats engagés dans la traite, de contenir celle-ci dans des limites strictes. Aux Français qui lui demandent l’autorisation d’ériger une factorerie, le roi Tezifon d’Allada fait en 1670 cette réponse dont on appréciera la lucidité : « Vous allez construire une maison dans laquelle vous mettrez d’abord deux petites pièces de canon, l’année suivante vous en monterez quatre, et en peu de temps votre factorerie va se métamorphoser en un fort qui va faire de vous le maître de mes Etats et vous rendre capables de m’imposer des lois. » De Saint-Louis du Sénégal à l’embouchure du fleuve Congo, les sociétés et Etats locaux vont pour la plupart réussir dans cette politique pour le moins ambiguë de collaboration, de suspicion et de contrôle.
Au contraire, dans certaines parties de la Guinée, en Angola et au Mozambique, les Européens vont s’impliquer directement dans les réseaux guerriers et marchands africains, avec la complicité de partenaires locaux noirs ou métis, ceux-ci étant issus de ces aventuriers blancs, à la réputation peu enviable, même en ces temps de grande cruauté : ainsi, les lançados portugais (ceux qui osèrent « se lancer » à l’intérieur des terres) nous sont décrits au début du XVIe siècle comme « la semence de l’enfer », « tout ce qu’il y a de mal », « assassins, débauchés, voleurs ». Avec le temps, ce groupe d’intermédiaires va s’étoffer au point de constituer, en plusieurs points de la côte, cette classe de « princes marchands » sur laquelle la traite va reposer.
Leur profit ? Les chargements des navires négriers, scrupuleusement comptabilisés en bonne logique marchande, nous en donnent une parfaite idée : fusils, barils de poudre, eaux-de-vie, tissus, verroterie, quincaillerie, voilà contre quoi on a échangé des millions d’Africains. Echange inégal, bien sûr. A ceux qui s’étonneraient de telles inégalités, on fera observer que la même logique se poursuit sous nos yeux et que notre siècle n’a guère fait mieux, qui a vu des solliciteurs empressés venus des pays du Nord convaincre des chefs d’Etat africains d’importer des « éléphants blancs » en échange de médiocres bénéfices personnels.
On voit donc que l’arsenal idéologique déployé par les négriers pour justifier la traite ne correspondait pas aux réalités ni aux dynamiques du terrain africain. Les Africains n’avaient, comme tous les peuples, aucun goût particulier pour l’esclavage, et c’est bien un système qui a généré et entretenu celui-ci. Si l’on connaît bien les révoltes des esclaves noirs au cours de la traversée de l’Atlantique et dans les pays d’accueil, on est loin d’imaginer l’ampleur et la diversité des formes de résistance en Afrique même. Résistance à la traite autant qu’à l’esclavage intérieur, produit ou aggravé par le commerce négrier.
Une source longtemps ignorée, la Lloyd’s List, jette une lumière inattendue sur le rejet de ce commerce dans les sociétés côtières africaines. Les détails dont elle fourmille sur les sinistres survenus aux navires assurés, à partir de sa fondation en 1689, par la célèbre firme de Londres montrent que, dans un nombre significatif de cas connus (plus de 17 %), le sinistre est dû à une insurrection, à une révolte ou à des pillages sur place en Afrique. Les auteurs de ces actes de rébellion étaient les esclaves, mais aussi des gens de la côte. Tout se passe comme si l’on était en face de deux logiques : celle des Etats installés bon gré, mal gré dans le système négrier ; celle des populations libres, menacées en permanence d’asservissement et manifestant leur solidarité avec les gens réduits à l’esclavage.
Quant à l’esclavage interne, tout semble indiquer qu’il s’est à la fois amplifié et durci parallèlement à la croissance de la traite, entraînant de multiples formes de résistance : fuite ; rébellion ouverte ; recours aux ressources de la religion dont les exemples sont attestés en terre d’islam comme en pays de chrétienté. Ainsi, dans la vallée du fleuve Sénégal, la tentation de certains souverains d’asservir et de vendre leurs propres sujets provoqua, dès la fin du XVIIe siècle, la « guerre des marabouts » ou le mouvement toubenan (de tuub, se convertir à l’islam). Son initiateur, Nasir al-Din, proclamait précisément que « Dieu ne permet point aux roys de piller, tuer, ny faire captifs leurs peuples, qu’il les a au contraire donnés pour les maintenir et garder de leurs ennemis, les peuples n’étant point faits pour les roys, mais les roys pour les peuples ».
Plus au sud, dans ce qui est aujourd’hui l’Angola, les peuples kongos utilisèrent le christianisme de la même manière, à la fois contre les missionnaires, compromis dans la traite, et contre les pouvoirs locaux. Au début du XVIIIe siècle, une prophétesse d’une vingtaine d’années, Kimpa Vita (connue aussi comme Dona Béatrice), prit le contre-pied des arguments racistes des négriers et se mit à prêcher un message égalitaire selon lequel « au ciel il n’y a pas de Blancs ni de Noirs » et que « Jésus-Christ et d’autres saints sont originaires du Congo, de la race noire ». On sait que ce recours au religieux n’a cessé, jusqu’à nos jours, d’accompagner dans plusieurs régions d’Afrique les revendications en faveur de la liberté et de l’égalité. De tels faits montrent que, loin d’être un phénomène marginal, la traite s’inscrit au centre de l’histoire moderne de l’Afrique et que la résistance à la traite a induit des attitudes et des pratiques encore observables aujourd’hui.
La « sauvagerie » du continent
IL faut donc se défier des impressions héritées de la propagande abolitionniste et que peuvent entretenir certaines manières de commémorer les abolitions de l’esclavage. Le désir de liberté et la liberté elle-même ne sont pas venus aux Africains de l’extérieur, des philosophes des Lumières, des agitateurs abolitionnistes ou de l’humanitarisme républicain ; ils sont venus de l’élan propre des sociétés africaines. D’ailleurs, dès la fin du XVIIIe siècle, on a vu dans les pays riverains du golfe de Guinée des négociants, enrichis le plus souvent par la traite, prendre des distances par rapport à ce trafic et envoyer des enfants en Grande-Bretagne pour se former dans les sciences et métiers utiles au développement du commerce. C’est pourquoi, tout au long du XIXe siècle, les sociétés africaines n’eurent aucun mal à répondre positivement aux sollicitations nouvelles de l’Europe industrielle, convertie au « commerce licite » des produits du sol et désormais hostile à la traite, devenue « trafic illicite » et « commerce honteux ».
Mais cette Afrique-là était bien différente de celle que les Européens avaient rencontrée à la fin du XVe siècle. Comme a tenté de le montrer l’historien trinidadien Walter Rodney, elle avait été engagée, du fait de la traite, dans une voie périlleuse pour elle et se trouvait bel et bien sous- développée. Le racisme issu de la période négrière trouva dans ces circonstances l’occasion de se renouveler. En effet, le discours des Européens sur l’Afrique portait désormais sur l’ « archaïsme », l’ « arriération », la « sauvagerie » du continent. Chargé de jugements de valeur, il posait désormais l’Occident en modèle. Les bouleversements et la régression de l’Afrique n’étaient pas mis au compte de développements historiques réels, dans lesquels l’Europe avait sa part, mais attribués à la « nature » innée des Africains. Le colonialisme et l’impérialisme naissants purent ainsi se parer des atours de l’humanitarisme et des prétendus « devoirs » des « civilisations supérieures » et des « races supérieures ». Les Etats ci-devant négriers ne parlaient plus que de libérer l’Afrique des « Arabes » esclavagistes et des potentats noirs, eux aussi esclavagistes.
Mais une fois le gâteau africain réparti entre les puissances coloniales, celles-ci, sous prétexte de ne pas brusquer le cours des choses et de respecter les coutumes « indigènes », se gardèrent bien d’abolir effectivement les structures esclavagistes qu’elles avaient trouvées. L’esclavage persista donc à l’intérieur du système colonial, comme le montrèrent les enquêtes réalisées à l’initiative de la Société des nations (SDN) entre les deux guerres mondiales (7). Pis, pour faire marcher la machine économique, il créèrent un esclavage nouveau, sous la forme du travail forcé : « De quelque nom que l’on masque le travail forcé, on ne peut pas faire que ce ne soit pas en fait et en droit l’esclavage rétabli et encouragé (8) ». Ici encore, pour s’en tenir au cas français, c’est à l’intérieur de l’Afrique qu’est né le désir de liberté. N’est-ce pas aux élus africains, Félix Houphouët-Boigny et Léopold Sédar Senghor en tête, que l’on doit l’abolition du travail forcé en 1946, seulement en 1946 ?"
Elikia M’bokolo
Oui, il y a eut la déportation des juifs. Mais, il y a une profonde envie de ne pas oublier.
Oui, il y a eut la déportation des noirs. Mais, il y a une profonde envie d'oublier.
A quand une reconnaissance de l'état français et de la grande Europe face à la déportation infligée à l' Afrique.
Obsédée du pire
Et pas très prolixe
Mes moindres soupirs
Se métaphysiquent...
J'ai dans mon ciel
Des tonnes de célestes
M'accroche aux ailes...
Et tombe l'ange Gabriel!
Obsédée du pire
Un peu trop physique...
L'envie de frémir
Est pharaonique !
...fi de l'ascèse !
Ma vie s'enténèbre
Moi sans la langue
Sans sexe je m'exangue !
L'amour, c'est rien !
Quand c'est politiquement correct
On s'aime bien
On n'sait même plus (pas) quand on se blesse
L'amour c'est rien
Quand tout est sexuellement correct
On s'ennuie bien
On crie avant pour qu'ça s'arrête
La vie n'est rien...
Quand elle est tiède !
Elle se consume et vous bascule
Le sang en cendre de cigarette
La vie est bien...
Elle est miel !
Quand elle s'acide de dynamite
Qui m'aime me suive!
Obsédée du pire
Et pas très prolixe
Mes moindres soupirs
Se métaphysiquent...
J'ai dans la tête
Des tonnes de pirouettes
Le saut de l'ange
N'a pour moi rien d'étrange
Obsédée du pire
Et pas très prolixe
Partager mes rires
Plutôt plutoniques
J'ai dans ma sphère
Un effet de serre
Mon sang bouillonne
Je bout de tout, en somme
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J'ai passé des entretiens pour changer de poste et d'entreprise (dans le cadre de la mobilité interne) il y a plus d'un mois. et jusque là, je n'avais pas eut de nouvelles.
Aujourd'hui, la nouvelle est tombée. Comme il y a eut quelques changements à la tête de l'entreprise où je dois aller, mon changement de poste est en standby.
C'est un poste d'archiviste...
Mais, il y a un PLAN B ( comme quoi, les Plans B existent belle et bien ! )
En effet, ma DRH m'a appris ce matin que si je ne suis pas pris pour le poste d'archiviste, l'autre DRH (de l'entreprise où je dois aller) lui a indiqué que par rapport à mon CV et à mon expérience proffessionnelle, elle me verrait plutôt à un poste administratif et plus précisément à un poste au service COMPTABILITE.
Alors ça, ça comble toutes mes espérances. J'arriverais enfin à finaliser mon projet proffessionnel à savoir, travailler au sein d'un service comptable.
"Tu n'as pas oublié ces jours d'attente,
Ceux que le regret et les doutes hantent ?
Te souviens-tu des jours d'errance,
Ces jours où tout n'est qu'absence ?
Tu te rappelles des jours changeants,
ces jours qui muent avec le temps ?
Te souviens-tu des jours de peine ?
Faut-il que je m'en souvienne?
Tu te remémores ces jours de mort ?
Faut-il que je m'en souvienne encore ?
Te souviens-tu de ces jours où
Tu voulais mettre fin à toi, à tout ?
Faut-il que je m'en souvienne d'abord ?
Tout ces jours passés, toutes ces larmes déversées, tout ces rêves oubliés, toutes ces plaies coagulées, tout ces doutes entêtés, tout ces regrets renversés je les ai là. Je les ai à mes pieds.
Tout ces moments gâchés, tout ces moments désenchantés, tout ces moments de malheurs, je les ai là.
Ils sont au fond de moi.
Mais, vois-tu, je me souviens trés bien de ces instants de chute, des moments de déroute, de ces jours de mort.
Même si je m'en souviens, même si je les ai là, dans mes mains.
Même si je m'en souviens, je suis en vie d'abord.
Je crois au pére Noël, au lapin de Pâques.
Je crois que les lendemains chantent et aussi qu'ils déchantent.
Je crois que la vie c'est comme une cassette vidéo: elle se déroule jusqu'à la fin et ensuite, elle se rembobine pour recommencer au début.
Je crois que ça explique les impressions de déjà-vu.
Je crois que les bonbons étaient bien meilleurs quand j'étais petit.
Je crois qu'on peut donner un sens à sa vie et qu'il suffit d'en avoir envie.
Je crois que ceci explique cela, que j'ai une bonne étoile rien que pour moi, qu'à Paris, les étoiles n'existent plus la nuit et dans les grandes villes non plus.
Je crois que Freddi Kruger me poursuit chaque fois que je remonte d'un sous sol. Pour pas qu'il m'attrape, je monte les marches quatre à quatre.
Je crois que je vais m'acheter une paire de roller, qu'on est pas fait pour l'éternité et puis, de toute façon, ça se saurait.
Je crois qu'on est jamais aussi bien servi que par soi même, et que femme fardée ciel pommelé, beau temps de courte durée.
Je crois que je sort pas assez de chez moi et que la musique adoucie les moeurs.
Je crois qu'un dieu un peu tête en l'air à créer la terre, qu'il a bien mis 7 jours pour tout créer et qu'aprés il est parti faire la fête avec des copines et qu'il en a oublié notre existence.
Je crois en un univer de chaos causal, de bruit de fond et de chance aveugle-vide, sans dieu.
Je crois que quiconque prétend détenir la vérité et aussi coupable de petits mensonges.
Je crois en une honnêteté absolue et en de raisonnables mensonges sociaux.
Je crois que la vie est un jeu, que c'est une mauvaise blague et que c'est ce qu'on connait quand on est vivant.Que tant qu'à faire, autant en profiter pleinement.
Je crois bien que les morts nous cachent quelque chose, que s'ils ne reviennent pas, c'est qu'il ya un truc.
Je crois bien que cet article n'est pas trés interressant.
Je crois bien que je vais bientôt te rencontrer.
Je crois bien que j'aime quand vous me lisez
Hier aprés-midi, j'allume ma télé et je tombe sur un reportage de France 5.
Un reportage qui raconte le parcours de quatres femmes trés différentes durant la seconde guerre mondiale:
"L'Allemagne nazie vient de capituler, définitivement et sans conditions. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. C'est du point de vue de quatre femmes que ce documentaire de fiction fait revivre l'exceptionnelle journée du 8 mai 1945, du petit matin jusqu'à la tombée de la nuit: l'Américaine Margaret Bourke-White, journaliste photographe, se trouve à New York. L'Allemande Traudl Junge est la dévouée secrétaire d'Hitler. Le 28 avril, elle tape le testament du Führer. L'Anglaise Nancy Mitford écrit des romans et tient une librairie à Londres où elle s'éprend du volage directeur de cabinet du général de Gaulle. La Française Charlotte Delbo est communiste et résistante. Déportée à Auschwitz, elle sera l'une des rares rescapées de ce camp."
Presque toutes les images du doc sont en couleurs.
Images qui choquent: photos en couleurs de soldats blessés: amputations, plaies sanguinolentes, morsures de chiens, victimes des camps de concentration, homme d'une trentaine d'année qu'on aide à marcher car trop faible pour avancer seul, il n'a que la peau sur les os.
Images qui interrogent: A.H. auprés d'E.B. en Bavière alors que son peuple se meurre.
Images qui bouleversent: Des petites filles, des petits garçons amaigris, affamés, qui hantent les rues en cendres, villes en ruines.
Ces images en couleurs ont, je trouve un écho encore plus fort que celles vues en noir et blanc.
Le choc est là. Cette débauche de bombardements, de violences physiques et morales, de destruction.
C'est la mort qui hante certaines images.
Un sentiment étrange s'empare de moi à la vue de ces images en couleurs.
Tout me semble tellement proche, tellement palpable.
Et ce qui est la frappant c'est La Vie.Plus forte malgrés la douleur du coeur, malgrés la douleur du corps, malgrés les coups portés, malgrés la haine.
Il y a 60 ans.
C'était ce matin.
Un sentiment d'incompréhension s'empare de moi.
Pourquoi tout ça ?
Pourquoi en arriver à ça ?
Pourquoi cette haine envers les autres ?
Pourquoi encore et toujours la haine face à l'Autre ?
Ah, Tu crois que tu me fais peur ?
Tu penses que je ne suis pas capable de te regarder en face ?
Pour qui tu te prends ?
T'ais-tu déjà regarder dans une glasse ?
Ah ! Tu penses vraiment que tu vas me mettre ko ?
Tu crois que je n'ai que toi en tête ?
T'aimerais bien me faire descendre de là-haut.
Tu t'imagines qu je sais pas me battre peut-être ?
ça fait trois ans que tu es là. ça fait 3 ans que tu me suits.
T'es partout avec moi.
Je dois bien avouer que je m'y attendai pas. T'avoir auprés de moi, j'y avais pas penser , tu vois.
Je pas fait attention et tu t'es immiscé, tu as créé un lien de toi à moi. Tu pensais peut être que ça allait être facile, pour toi. Tu aurais pu m'avoir jour aprés jour, sans que je m'apercoive de rien. Sans que je me rende compte de ta présence. Tu aurais pu me pomper à fond. Tu aurai pu avaler ma vitalité.
Mais, tu vois je vais te dire, je t'ai senti venir.
C'est étrange, j'ai eut comme un présentiment (ça m'arrive souvent).
J'ai bien senti qu'il y avait quelque chose qui clôchait. Mais je t'ai vu tout de suite. J'ai mis du temps à comprendre. C 'est toujours comme ça avec toi. Quand on prend conscience de ta présence, tu chamboules tout.
Tu nous mets à sac.
Tu m'as mis à sac.
J'ai faillit te laisser me bouffer.
Pauvre con!
T'es qu'un sale enfoiré!
T'es qu'une immonde pourriture!
Je dois bien avouer que tu m'en a fait baver.
Tu m'en as fait voir, pas de toutes les couleurs, non ton truc, c 'est le noir absolu.
Tu affectes le corps puis aprés c'est l'esprit que tu envahit.
Les deux premières années, je pensais trop souvent à toi. Je savais que tu étais là.
J'aurai peut être pu te sentir à fleur de peau.
Tu m'en à filer des coups. En premier, c'est l'upercut. Quand j'ai su, ça m'a assomé. J'ai eut les jambes sciés et les bras coupés.
Tu m'as pas épargné. Tu m'as secoué, je me suis retrouvé tout déboussolé.
Pourquoi t'existes ?
C 'est quoi ton utilité ?
Qu'est-ce-que tu cherches ?
Tu veux quoi de moi ?
Si tu en avais qu'aprés moi, ça irait, mais c 'est pas le cas.
Y'en a des milliers dans mon cas, des millions.
VIH de MERDE
SIDA à la con...
Ah tu crois que je vais me laisser faire ?
Tu crois que tu me fais peur ?
J'ai eut peur de toi, oui. Parce que t'étais en moi et je te connaissais pas.Et puis tu as foutu la pagaille en moi. Les douleurs du corps, les flots de l'âme.
Ah! ça tu sais y faire.
Tu pourrais presque nous avoir.
T'as bien faillit m'avoir. Mais j'ai su te dire NON.
Détrompes-toi, t'es pas ma priorité.
Ma priorité, c 'est ma vie, pas toi, putain de VIRUS.
Ah, Tu crois que tu me fais peur ?
Tu penses que je ne suis pas capable de te regarder en face ?
Pour qui tu te prends ?
T'ais-tu déjà regarder dans une glace ?
Ah ! Tu penses vraiment que tu vas me mettre KO ?
Tu crois que je n'ai que toi en tête ?
T'aimerais bien me faire descendre de là-haut.
Tu t'imagines qu je sais pas me battre peut-être ?
ça fait trois ans que tu es là. ça fait 3 ans que tu me suits.
T'es partout avec moi.
Je dois bien avouer que je m'y attendai pas. T'avoir auprés de moi, j'y avais pas penser , tu vois.
Je pas fait attention et tu t'es immiscé, tu as créé un lien de toi à moi. Tu pensais peut être que ça allait être facile, pour toi. Tu aurais pu m'avoir jour aprés jour, sans que je m'apercoive de rien. Sans que je me rende compte de ta présence. Tu aurais pu me pomper à fond. Tu aurai pu avaler ma vitalité.
Mais, tu vois je vais te dire, je t'ai senti venir.
C'est étrange, j'ai eut comme un présentiment (ça m'arrive souvent).
J'ai bien senti qu'il y avait quelque chose qui clôchait. Mais je t'ai vu tout de suite. J'ai mis du temps à comprendre. C 'est toujours comme ça avec toi. Quand on prend conscience de ta présence, tu chamboules tout.
Tu nous mets à sac.
Tu m'as mis à sac.
J'ai faillit te laisser me bouffer.
Pauvre con!
T'es qu'un sale enfoiré!
T'es qu'une immonde pourriture!
Je dois bien avouer que tu m'en a fait baver.
Tu m'en as fait voir, pas de toutes les couleurs, non ton truc, c 'est le noir absolu.
Tu affectes le corps puis aprés c'est l'esprit que tu envahit.
Les deux premières années, je pensais trop souvent à toi. Je savais que tu étais là.
J'aurai peut être pu te sentir à fleur de peau.
Tu m'en à filer des coups. En premier, c'est l'upercut. Quand j'ai su, ça m'a assomé. J'ai eut les jambes sciés et les bras coupés.
Tu m'as pas épargné. Tu m'as secoué, je me suis retrouvé tout déboussolé.
Pourquoi t'existes ?
C 'est quoi ton utilité ?
Qu'est-ce-que tu cherches ?
Tu veux quoi de moi ?
Si tu en avais qu'aprés moi, ça irait, mais c 'est pas le cas.
Y'en a des milliers dans mon cas, des millions.
VIH de MERDE
SIDA à la con...
Ah tu crois que je vais me laisser faire ?
Tu crois que tu me fais peur ?
J'ai eut peur de toi, oui. Parce que t'étais en moi et je te connaissais pas.Et puis tu as foutu la pagaille en moi. Les douleurs du corps, les flots de l'âme.
Ah! ça tu sais y faire.
Tu pourrais presque nous avoir.
T'as bien faillit m'avoir. Mais j'ai su te dire NON.
Détrompes-toi, t'es pas ma priorité.
Ma priorité, c 'est ma vie, pas toi, putain de VIRUS.
Je continus à te tenir tête.
Je vis