J'écoute : Mylène Farmer - Point de suture
(mis à jour dimanche 17 août 2008 à 21:03)

20/04/2007

20/04/07 - 19:49




Des choses à dire sur lui...


Si, je n'avais pas croisé ses mots, je pense que mon parcour aurait été bien différent. Je pense que les différents livres que j'ai lu de lui, ses mots, ses écorchures, parfois ses photos m'ont permis d'une part d'avoir une image précise de ce qu'est ce virus et, d'autre part d'avoir un ami virtuel pour m'accompagner dans la connaissance de la maladie.

Bien évidemment, on pourrait me dire Hervé Guibert est mort en 1991 à l'époque, les multi-thérapies n'existaient pas encore. On pourrait me dire aussi que les conditions de vies des séropositifs ont considérablement évolué. Soit, c'est vrai. Mais, il n'en est pas moins vrai que ce qu'à laisser Hervé Guibert est bien plus qu'une oeuvre littéraire. Pour moi, il a laissé beaucoup plus que ça. Il a laissé, à mon avis, quelque chose d'unique à travers ses mots, ses écorchures, ses photos et sûrement dans son film: Un témoignage rude, vrai, sans concession, sur une partie de sa vie, et notemment sur sa vie de séropositif.

Bien évidemment, on ne peut pas tout à fait transposer ce que lui a vécu avec ce que nous vivons actuellement. Mais, ce qui est frappant et ce qui reste indentique, ce sont les craintes, les doutes, les moments de désespoir, les émotions et les sentiments restent profondément d'actualité.

J'avais un livre dans un placard, il trainait là depuis peut-être deux ans.
Le genre de livre qu'on voudrait lire mais qui une fois ouvert et lu quelques lignes, on range dans le placard. Parce qu'on se dit qu'on n'est pas concerné, que ça ne nous arrivera pas.
Et puis, aprés mes résultats du test Elisa et Western Blot qui se sont avérés positif, aprés une période où plus rien n'avait de goût, que la vie avait perdu tout son sens, toute sa saveur, j'ai remis la main sur ce livre: "A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie".

Et, là j'ai lu, dans mon isolement, j'ai trouvai quelqu'un qui me racontait lui ses sentiments, ses émotions par rapport à sa maladie, m'est également son rapport aux autres, et à soi-même. Un interlocuteur...un ami?

En tout les cas, ça m'a permis de mieux comprendre cette maladie qui gît en sourdine pour le moment en moi, ça m'a permis aussi à apprendre à vivre avec. Je dirai plus précisément que c'est surtout au niveau du ressenti par rapport à la maladie que j'ai mieux compris.

Et puis, ma boulimie d'en savoir plus s'est emparée de moi (comme à chaques fois que je découvre quelque chose de nouveau), et j'ai acheté d'autres livres du même auteur. Et, j'ai lu, j'ai relu, j'avais envie de savoir, de connaitre. Je voulai savoir ce qui me pendait au nez. Je voulai savoir quand mon tour viendrait?

Pour le moment, il n'est toujours pas venu. Et, à vrai dire, j'm'en fous un peu. Ce jour fatidique pourrait bien arriver demain, je vis chaques jours à leurs maximums. Et, c'est tout ce qui compte.

Merci Mr Guibert

commentaires

20/04/07 - 21:59

C'est un peu pareil pour moi, même si je ne suis pas réactif aux tests Elisa et Western Blot. Il y avait ce livre, dans la bibliothèque de F., écrit par cet homme que je ne connaissais pas, que je confondais même avec Henri Guybet (acteur avec De Funès, ou dans la Septième Compagnie)...

Ce livre était L'Image fantôme, et F. me le conseillait vivement, c'est d'ailleurs un des premiers livres (de sa bibliothèque) que j'ai lu. Et puis voilà. Le livre m'a pété à la gueule, parce qu'il était le livre que j'aurais pu écrire, que j'aurais voulu écrire. C'est bête, comme réaction, mais voilà. Le propos du livre me touchait tellement, était si puissant, allait si loin dans cet imaginaire conceptuel qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour le lire. Le rapport que j'ai avec l'image, la photo, l'archive, est très conflictuel chez moi...

Puis Le protocole compassionnel. Pas forcément la première fois que je me suis intéressé au virus. Mais sans doute la première fois où je me suis dit « L'homme qui parle, là, c'est moi. Il vit, il réagit comme moi, il a la même attitude. »

Puis Mauve le vierge. Puis L'homme blessé, que j'avais mais que je n'avais jamais vu.

Je vous cite ça de mémoire... J'ai très peu lu de Guibert finalement. Mais je sais qu'il pointillera ma vie, que je le retrouverai. Je le retrouve déjà, en lisant Foucault. Il y fait très peu référence dans ses Dits et écrits (sorte de recueil-tout du dit-Foucault), mais je sens que c'est la même force.

Merci de m'avoir fait penser à ça, Patamoud.

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 


anges se sont déposés sur ce radeau

Ah, Tu crois que tu me fais peur ?
Tu penses que je ne suis pas capable de te regarder en face ?
Pour qui tu te prends ?
T'ais-tu déjà regarder dans une glace ?

Ah ! Tu penses vraiment que tu vas me mettre KO ?
Tu crois que je n'ai que toi en tête ?

T'aimerais bien me faire descendre de là-haut.

Tu t'imagines qu je sais pas me battre peut-être ?



ça fait trois ans que tu es là. ça fait 3 ans que tu me suits.
T'es partout avec moi.

Je dois bien avouer que je m'y attendai pas. T'avoir auprés de moi, j'y avais pas penser , tu vois.
Je pas fait attention et tu t'es immiscé, tu as créé un lien de toi à moi. Tu pensais peut être que ça allait être facile, pour toi. Tu aurais pu m'avoir jour aprés jour, sans que je m'apercoive de rien. Sans que je me rende compte de ta présence. Tu aurais pu me pomper à fond. Tu aurai pu avaler ma vitalité.

Mais, tu vois je vais te dire, je t'ai senti venir.
C'est étrange, j'ai eut comme un présentiment (ça m'arrive souvent).
J'ai bien senti qu'il y avait quelque chose qui clôchait. Mais je t'ai vu tout de suite. J'ai mis du temps à comprendre.
C 'est toujours comme ça avec toi. Quand on prend conscience de ta présence, tu chamboules tout.

Tu nous mets à sac.

Tu m'as mis à sac.
J'ai faillit te laisser me bouffer.

Pauvre con!

T'es qu'un sale enfoiré!
T'es qu'une immonde pourriture!

Je dois bien avouer que tu m'en a fait baver.
Tu m'en as fait voir, pas de toutes les couleurs, non ton truc, c 'est le noir absolu.

Tu affectes le corps puis aprés c'est l'esprit que tu envahit.

Les deux premières années, je pensais trop souvent à toi. Je savais que tu étais là.
J'aurai peut être pu te sentir à fleur de peau.

Tu m'en à filer des coups. En premier, c'est l'upercut. Quand j'ai su, ça m'a assomé. J'ai eut les jambes sciés et les bras coupés.
Tu m'as pas épargné. Tu m'as secoué, je me suis retrouvé tout déboussolé.

Pourquoi t'existes ?
C 'est quoi ton utilité ?
Qu'est-ce-que tu cherches ?
Tu veux quoi de moi ?

Si tu en avais qu'aprés moi, ça irait, mais c 'est pas le cas.
Y'en a des milliers dans mon cas, des millions.

VIH de MERDE

SIDA à la con...

Ah tu crois que je vais me laisser faire ?
Tu crois que tu me fais peur ?

J'ai eut peur de toi, oui. Parce que t'étais en moi et je te connaissais pas.Et puis tu as foutu la pagaille en moi. Les douleurs du corps, les flots de l'âme.
Ah! ça tu sais y faire.
Tu pourrais presque nous avoir.

T'as bien faillit m'avoir. Mais j'ai su te dire NON.

Détrompes-toi, t'es pas ma priorité.
Ma priorité, c 'est ma vie, pas toi, putain de VIRUS.

Je continus à te tenir tête.

Je vis