Tout cru...
Parfois, je voudrais que se soit plus facile.
Parfois, j'aimerais ne plus avoir à penser à ....
On dit que l'erreur est humaine... mais cette erreur-ci, c'est la mienne. J'aurai dû faire tout mon possible pour qu'elle ne fût jamais mienne.
Mais, même si c'est mon erreur, ça engage tellement de choses dans une vie à deux.
Oui, c'est facile d'être séropo de nos jours, y'a juste à faire attention.
Non, je ne joue pas l'enfant martyr, j'ai déjà donné. Non, je ne pleure pas sur mon sort, ça aussi, j'y ai consacré beaucoup trop de temps par le passé.
Non, ce que je fais là, c'est simplement un constat.
C'est tellement facile de se dire, je suis séropo et ça n'engage que moi.
C'est vrai quoi, si je suis tout seul, pas besoin de capote pour me faire du bien, pour prendre mon pied. Je peux bien m'amuser à avaler mon jus que ça n'engage que moi. Quels risques je prends à jouir de moi-même ? De mon corps ? De mes envies ? Aucun risque. Parce que je ne suis qu'avec moi-même.
Pour ça, les plans cams, c'est l'idéal. Pas de prises de risques. Tout fonctionne en mode binaire des 0 et des 1. Pas de risque à avoir avec des pixels, avec des types que je ne rencontrerai jamais. Je peux m'exhiber autant que je veux, c'est moi qui décide. C'est moi qui détermine qui peut me voir, et qui je zappe. Pratique, utile, illusoire...
Le roi de la cam c'est moi,! C'est toi, c'est lui, c'est l'autre.
Devant vous je montre mon cul, mon gland, d'abord la peau de mon torse et la peau de tout le reste ensuite.
Le roi de la fête c'est moi ! Plus on me matte plus j'adore ça!
C'est dingue, on peut avoir jusqu'à une dizaine de mecs en train de se branler sur son écran. Au final pas une goutte de sperme ne viendra tâcher mes draps qui quand je me coucherai ne sentira que mon odeur.
Je peux faire défiler autant de mecs que je veux: des beaux, des laids, des jeunes, des vieux, des grandes bites, des petites, enfin vous voyez bien ce dont je veux parler...
Oui, je peux faire tout ça et je ne prends aucun risque.
Ce n'est que du virtuel.
Je suis un queutard virtuel.
Que je sois séropo ou pas, on s'en fou... ça n'a aucune importance...
Maintenant que je t'ai avec moi, maintenant que je t'ai contre moi. Mon erreur, je la partage avec toi. Parce que je ne sais pas m'engager dans la réalité sans en parler.
J'avoue, j'en parle facilement. C'est loin d'être un tabou pour moi que d'être un PD contaminé.
Ce n'est pas une fierté, c'est un état de fait.
Et si je te respecte, et si je sens qu'entre nous ça accroche, alors, je ne garde pas ma langue dans ma poche.
On se dit que ça va être facile, que la glisse va être facile... N'oubliez pas d'avoir toujours un tube de gel sur vous.. C'est pratique...
Ben oui, ça va être fastoche, pour les cabrioles, il suffit d'utiliser du latex.
Ouais, mais parfois, il faudrait aussi qu'on pense à débrancher nos cerveaux, non pas pour faire n'importe quoi, mais pour oublier qu'il est là entre nous, entre toi et moi, ce morceau de caoutchouc. Mais, les questions restent là. Même si on fait attention du plus que l'on peut, il reste toujours la peur, l'appréhension d'un faux-pas, la peur du relâchement de l'attention.
En définitive, Mon erreur qui n'engage que moi-même nous engage tous les deux. Je ne suis pas seul a porté mon fardeau, nous sommes deux.
Mais pour ré équilibrer la chose... je partage aussi ta séronégativité. Et ça, ce n'est pas un fardeau, c'est un cadeau.
Et le plus beau cadeau que je puis te faire en retour, pour te prouver tout mon amour et tout mon respect pour toi, c'est que séronégatif tu es né et, séronégatif tu resteras tant que je t'aurais contre moi.
Ah, Tu crois que tu me fais peur ?
Tu penses que je ne suis pas capable de te regarder en face ?
Pour qui tu te prends ?
T'ais-tu déjà regarder dans une glace ?
Ah ! Tu penses vraiment que tu vas me mettre KO ?
Tu crois que je n'ai que toi en tête ?
T'aimerais bien me faire descendre de là-haut.
Tu t'imagines qu je sais pas me battre peut-être ?
ça fait trois ans que tu es là. ça fait 3 ans que tu me suits.
T'es partout avec moi.
Je dois bien avouer que je m'y attendai pas. T'avoir auprés de moi, j'y avais pas penser , tu vois.
Je pas fait attention et tu t'es immiscé, tu as créé un lien de toi à moi. Tu pensais peut être que ça allait être facile, pour toi. Tu aurais pu m'avoir jour aprés jour, sans que je m'apercoive de rien. Sans que je me rende compte de ta présence. Tu aurais pu me pomper à fond. Tu aurai pu avaler ma vitalité.
Mais, tu vois je vais te dire, je t'ai senti venir.
C'est étrange, j'ai eut comme un présentiment (ça m'arrive souvent).
J'ai bien senti qu'il y avait quelque chose qui clôchait. Mais je t'ai vu tout de suite. J'ai mis du temps à comprendre. C 'est toujours comme ça avec toi. Quand on prend conscience de ta présence, tu chamboules tout.
Tu nous mets à sac.
Tu m'as mis à sac.
J'ai faillit te laisser me bouffer.
Pauvre con!
T'es qu'un sale enfoiré!
T'es qu'une immonde pourriture!
Je dois bien avouer que tu m'en a fait baver.
Tu m'en as fait voir, pas de toutes les couleurs, non ton truc, c 'est le noir absolu.
Tu affectes le corps puis aprés c'est l'esprit que tu envahit.
Les deux premières années, je pensais trop souvent à toi. Je savais que tu étais là.
J'aurai peut être pu te sentir à fleur de peau.
Tu m'en à filer des coups. En premier, c'est l'upercut. Quand j'ai su, ça m'a assomé. J'ai eut les jambes sciés et les bras coupés.
Tu m'as pas épargné. Tu m'as secoué, je me suis retrouvé tout déboussolé.
Pourquoi t'existes ?
C 'est quoi ton utilité ?
Qu'est-ce-que tu cherches ?
Tu veux quoi de moi ?
Si tu en avais qu'aprés moi, ça irait, mais c 'est pas le cas.
Y'en a des milliers dans mon cas, des millions.
VIH de MERDE
SIDA à la con...
Ah tu crois que je vais me laisser faire ?
Tu crois que tu me fais peur ?
J'ai eut peur de toi, oui. Parce que t'étais en moi et je te connaissais pas.Et puis tu as foutu la pagaille en moi. Les douleurs du corps, les flots de l'âme.
Ah! ça tu sais y faire.
Tu pourrais presque nous avoir.
T'as bien faillit m'avoir. Mais j'ai su te dire NON.
Détrompes-toi, t'es pas ma priorité.
Ma priorité, c 'est ma vie, pas toi, putain de VIRUS.
Je continus à te tenir tête.
Je vis